Nous vivons présentement dans une ère où la majorité de l’information est accessible depuis notre simple téléphone cellulaire. En effet, grâce aux applications basées sur l’infonuagique ou cloud computing nous pouvons facilement consulter nos e-mails ou travailler sur bien des projets en simultané avec nos collègues depuis le confort de notre foyer ou de notre bureau. Pas étonnant qu’il y a déjà quelques années, l’infonuagique représentait 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre soit autant que l’industrie de l’aviation. Vu la croissance que connait ce secteur, tant dans les entreprises qu’auprès des individus, il est normal de s’inquiéter des impacts environnementaux de cette nouvelle forme d’échange des données.

Dans un centre de données, la période d’exploitation est celle qui émet le plus de gaz à effet de serre compte tenu de l’importante quantité d’électricité utilisée. L’électricité provient dans la majorité des cas de la combustion d’énergies fossiles, comme le charbon ou le gaz naturel. Malgré cela, en utilisant des logiciels hébergés sur l’infonuagique plutôt que sur les serveurs d’une entreprise, celle-ci pourrait émettre de 30 à 90 % moins de gaz à effet serre, tout dépendant de sa taille, et ce tout en utilisant de l’énergie issue du charbon. Pour ce qui est des besoins en matières premières, un centre de données de 100 serveurs nécessitera 47,84 % moins de matériaux qu’une salle de serveurs, située dans une entreprise, de même capacité d’entreposage. La raison de ces économies vient du fait que la consommation d’énergie est la principale dépense et source d’impact sur l’environnement d’un centre de données. Ainsi, celui-ci aura plus tendance à maximiser l’efficacité de ses serveurs. À titre d’exemple, un serveur qui serait utilisé de 5 à 10 % dans une entreprise atteindra de 40 à 70 % d’utilisation dans un centre. Même si cela augmente la demande énergétique du serveur, il est plus avantageux au niveau environnemental d’utiliser un serveur au maximum de sa capacité et ce même en utilisant du charbon pour produire de l’énergie.

Alors qu’adviendrait-il si nous remplacions le charbon par une énergie renouvelable comme l’hydro-électricité? En comparant les émissions de gaz à effet issues de ces deux sources d’énergie la différence est flagrante. En effet, un centre, ayant une consommation de 14,4 GWh, émettrait 4081 tonnes de CO2 équivalent si l’énergie provenait du charbon versus 29 tonnes de CO2 équivalent pour l’hydro-électricité.

Ainsi, déjà que l’infonuagique est bénéfique en terme d’émission de gaz à effet de serre, lorsque les centres de données s’alimentent en énergie renouvelable, leur bilan carbone est considérablement réduit.